MAUVAIS CATHOLIQUE
« Un jeune poète de récente célébrité parmi ces Titans me disait dernièrement qu’il ne concevait pas qu’avec ma foi je restasse dans le monde. Il me menaçait d’en douter si je ne courais à l’instant m’ensevelir à la Trappe. Tactique malheureusement dénuée de génie. Les ennemis de l’Eglise s’accommoderaient, on le conçoit très bien, de la disparition soudain de tous les catholiques. Ils auraient ainsi le champ libre et pourraient à leur aise baver sur le pauvre monde. Mais ce n’est pas tout. L’existence d’une Trappe leur est encore très utile pour d’autres raisons. Dans leur ignorance absolue de la profonde solidarité du catholicisme, ils pensent qu’un ordre d’une austérité proverbiale, tel que celui-là, est à opposer à d’autres ordres moins rigoureux approuvés par l’Eglise, et, par conséquent, à l’Eglise elle-même. Les pauvres gens qui ne savent rien du christianisme ni de son histoire avalent assez facilement cette facétie. La sévère morale des libres penseurs n’admet pas de compromis. Tout ou rien, pas de christianisme sincère en dehors de la Trappe. »
Léon Bloy, O.C. t. XV. P. 120 – 121. « La Maison-Dieu »
Respirez un peu. Attendez encore quelques secondes. C’est bon ? Parce que je préfère être sûr que vous savez que vous n’être plus en train de lire Bloy et je sais, Ô je connais, la chute abyssale entre sa céleste plume et mes pauvres mots.
Mais il me donne le thème et l’entrée d’un article nécessaire que j’ouvrirai par cette question :
Combien de fois devrais-je subir l’archi-ressemelée rhétorique du socialiste anti-clérical ?
La bêtise crasse et l’intolérance de cette engeance décourage ma plume… Les « libres penseurs » du moindre effort ont tous compris. C’est à croire que les trois fées de la belle au bois dormant leur ont légué sous forme de poudre, sans doute un dérivé de perlimpinpin, la vérité dès le berceau. Née ainsi, la socio-crotte n’a plus qu’à s’en gargariser. Gélule, suppositoire, biberon, tout est bon dans le cochon et les aristocrates de la bien-pensance n’eurent qu’à « se donner la peine de naître » pour être toujours « dans le vrai », ou « de bonne volonté ».
Quand ils rôtent, c’est l’Europe ! Ils flatulent des perles dont ils se font des colliers et s’émeuvent dans la grande ronde universelle de la larmounette gratuite et sans douleur. Ces enfoirés ont un restau à la place du cœur ! Une soupe sentimentale en libre-service. « Madame, vous reprendrez bien un peu de conscience sociale ? »
Prenez une socialiste anticléricale. Appelons-là Myrtille, ce beau prénom dont de soixante-huitards parents raffolèrent pour mettre leur bambin hors de la protection d’un Saint-Patron, et les placer dans la religion des fruits et des légumes.
Puis, prenez ne serait-ce que le plus bredouillant des catholiques. Le genre qui n’arrête pas de s’excuser. Je dis bien « catholique », hein ? Pas protestant, pas orthodoxe… Non, c’est avec un germe catholique que nous pourrons observer la plus mitochondrique des disputes.
Mathématique ! Vous verrez l’archi-conne gratifier le catho du même sourire indulgent dont ces humanistes couronnent les trisomiques, ces non-vivants qu’ils auraient préférer ne pas voir naître.
Le plus souvent, face à un fidèle du Nouveau Testament, ils se trouvent animé d’une inquisitrice intransigeance et font son examen comme on le ferait du dernier porc grippé de la plus musulmane des fermes d’Orient. Je parle d’espèce en voie de disparition.
Prêt à réclamer l’abjuration, ils questionnent. L’un m’expliqua qu’il considérait qu’un catholique qui « consommait comme tout le monde » n’était pas vraiment catholique, l’autre qu’un catholique qui n’était pas « à 100% sur de lui » n’était qu’une sorte de merde badigeonnée de mysticisme, un autre exigea l’abstinence et la plupart, l’immense majorité, vérifient avec angoisse que le catho ne croit finalement en rien et se range à leur avis sur le pape, la capote, l’avortement, l’argent…
Quelque chose les terrifie. Ils tâtent le catho avec le bout d’un long bâton comme Satan touchant du doigt le cadavre de Dieu pour vérifier ce qu’on croyait acquis. Avec un désir qui les fait bander jusqu’au bois : s’assurer de la MORT DE DIEU.
C’est ce qu’on appelle l’intransigeance du mou, ou le soubresaut de l’ultime vertèbre. C’est comme on voudra.
Une chose est sûre : rien n’est plus abjecte et vomitoire que l’inesthétisme crétin et vagissant de cette créature qui rôdent partout autour de nous en dansant sur les rythmes sectaires du ska, qui veut du gay et du reggae ! ( A quand le reggae gay ? )
Cet étron à mille têtes et à l’anus unique, que d’aucuns appellent bobo, gaucho, crapaud, ou encore zombie, bourgeois, consommateur moyens, français… que sais-je ?! Où trouver une eau suffisamment saumâtre pour baptiser ce bambin mou dont l’horizon ne recule plus quand il avance vers lui !







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